Archives de catégorie : Etude/Thèse/Débat

L’enseignement du jazz et des musiques actuelles amplifiées

John : « Et Strawberry Fields Forever, alors, premier ou deuxième cycle ?  ».
Miles : «  Plutôt en deuxième cycle, il y a une neuvième bémol dans la mélodie, quand même. »
John : « Ah ouais… »
Miles : « Tu vois, j’ai écrit Freddie Freeloader  pour que les élèves puissent commencer à jouer ma musique dès le premier cycle. »
John : « Très fort… »

Au sein de l’ADEJ, nous souhaitons mener une réflexion sur les relations que peuvent entretenir le jazz et les musiques actuelles amplifiées (MAA) dans le cadre de l’enseignement en école de musique.

Certaines connexions, passerelles existent déjà, d’autres sont à construire. De nombreuses expériences sont en cours sur tout le territoire, parfois depuis de nombreuses années. L’étude rédigée par Bob Revel en 2012 est un document de référence sur ce sujet :

Etude sur l’enseignement des musiques actuelles par Bob REVEL

Une première approche de réflexion consiste évidement à aller à la rencontre des différents acteurs de ces expériences : directeurs de structures, enseignants de ces disciplines ou d’autres disciplines, mais aussi élèves, régisseurs, administratifs, etc. Chacun peut apporter sa vision et sa pierre à l’édifice.

Quels domaines aborder lors de ces entretiens ? Je souhaite ici, déjà, exposer quelques problématiques qui me semblent fondamentales.

  • Comment sont perçus le jazz et les MAA dans les conservatoires ?
  • Comment ces esthétiques sont elles pratiquées aujourd’hui ? Quelles places pour l’oral et l’écrit ?
  • Dans quelles mesures les origines de ces esthétiques sont-elles communes ? Peut-on s’appuyer sur ces origines pour envisager des passerelles entre les disciplines ?
  • Des expériences de cursus communs existent, qu’est-ce qui fonctionne ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?
  • Comment envisager ces questions dans le cadre de la formation musicale ?
  • D’autres esthétiques questionnent nos pratiques (musiques du monde, musiques traditionnelles, etc.). Comment intégrer notre réflexion dans une vision plus globale des pratiques actuelles de la musique ?

Ce que le blues signifie pour moi (Art Farmer)

Le trompettiste Art Farmer sur le blues [1] :

What Blues Mean [2] to Me [3]

By Art Farmer

Portrait_of_Art_Farmer« The blues are [4] about the freest thing we have in jazz. You can do damn near anything you want to on them. You don’t have to worry about playing a note that doesn’t go with the chord so long as the note is part of an idea that makes sense with the blues background. The blues mean more to me than any other form because of this freedom and because they’re more emotional than any other. Some people play blues as if they’re thinking only about the changes. I don’t, because as long as I’m worried about the chords, I’m going to hold back; and for me, it’s the feeling that makes the blues. I just go ahead and play what I feel and like to hear »

Ces réflexions sont tirées du texte de pochette du 33t. « Portrait of Art Farmer » paru en 1958 chez Contemporary Records. Ce sont les propos tenus par Farmer à Nat Hentoff qui a réalisé les « liner notes » de ce LP.

[1] La conjugaison de ce verbe sans le « s » final » n’est pas une faute, mais est expliqué par le mot blues au pluriel (voir la note 4 ci-dessous)

[3] C’est nous qui avons choisi ce titre pour le rapprocher de l’article de Liebman.

[4] Remarquer l’usage du pluriel pour le mot blues : « The blues are » au lieu de « The blues is ». Là où nous écrivons LE blues, les américains le conjuguent plutôt au pluriel, ce qui est logique puisqu’il y a un « s » à la fin : « les bleus » pourrait-on dire. Donc en français l’usage du singulier est impropre, mais trop implanté pour qu’on tente de le changer !

Voici la traduction en français de Philippe Baudoin:

Ce que le blues signifie pour moi
« Le blues est certainement la chose la plus libre que nous ayons dans le jazz. Vous pouvez faire à peu près tout ce que vous voulez dessus. Vous n’avez pas à vous soucier d’une note qui n’irait pas avec l’accord aussi longtemps que cette note fait partie d’une idée qui a une signification par rapport au climat du blues. Le blues veut dire plus pour moi que n’importe quelle autre forme à cause de cette liberté et du potentiel émotionnel que l’on ne trouve pas ailleurs. Certains jouent le blues comme s’ils ne pensaient qu’au déroulement harmonique. Pas moi, car sinon je reste en retrait émotionnellement et pour moi c’est le feeling qui fait le blues. Je fonce et me laisse porter par mon oreille et mon instinct »

Charlie Parker par Steve Coleman

charlie-parker-300x300Une analyse stylistique de la musique de Charlie Parker (avec de nombreuses transcriptions) par un des grands saxophonistes actuels: Steve Coleman: c’est ici (en anglais).

De plus nous avons la chance d’avoir cet article entièrement traduit en français par Adrien Reboul (voir ce pdf), merci à lui!

Jazz et musique contemporaine Ecriture, improvisation, composition Quel(s) enseignement(s) ? Par Henry FOURES

Le compositeur Henry Foures nous livre ici un document qu’il a rédigé pour une conférence organisée par Ludovic Florin et Jean – Michel Court à l’université du Mirail à Toulouse.
Texte conf Uni Toulouse le Mirail